Saint Maurice :
le cimetière protestant du XVIIème siècle


Découverte du cimetière du temple dit de Charenton à St Maurice

Pour la première fois en France, un cimetière protestant du XVIIème siècle a été mis au jour, à Saint-Maurice (Val-de-Marne) par une équipe de l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP). Les fouilles ont démarré sur un site destiné à accueillir une maison de retraite pour personnes âgées dépendantes.

Les archéologues ont mis au jour un squelette presque complet et plusieurs ossements enfouis les uns sur les autres, dans ce chantier proche de l'emplacement probable de deux temples protestants détruits respectivement en 1621 et en 1685. Ils estiment que plus d'une centaine de squelettes doivent se trouver sur ce site d'une surface de 900m2, qu¹ils vont fouiller pendant 40 jours avec quatre anthropologues de l'INRAP. L'équipe espère mieux comprendre, grâce à cette découverte, quels étaient les rites funéraires des protestants au XVIIème siècle, et leurs différences avec ceux des catholiques. La fouille permettra peut être de découvrir si les protestants du XVIIème plaçaient des objets dans leurs sépultures, et si certains de leurs morts étaient enterrés dans des tombeaux.

L'équipe espère aussi découvrir des vestiges du premier temple protestant, érigé en 1607 par l'architecte Jacques II Androuët du Cerceau, et détruit en 1621, qui se trouvait probablement à proximité du cimetière.

D'après "actualités Wanadoo".

Situation : il s'agit de la commune nommée autrefois Charenton - Saint-Maurice et actuellement 94410 Saint Maurice.


retour à la recherche des cimetières du XVIIe

Documents : "actualités Wanadoo", tous droits réservés.

WOP!WEB Services pour sites web... GRATUIT!

Le cimetière des huguenots parisiens à Saint-Maurice Le cimetière protestant de Saint-Maurice (Val-de-Marne), à l’emplacement de l’ancien temple de Charenton, a été découvert lors d’une fouille précédant la construction d’une maison de retraite. Pour la première fois en France, une fouille livre des informations sur un temple huguenot et les modes de sépulture de cette population.

À la fin du XVIe siècle, les cimetières sont sujets de conflit entre catholiques et protestants. En 1598, l’édit de Nantes établit une coexistence entre les deux communautés, avec restitution des lieux de culte et séparation des cimetières.

Pour éviter une nouvelle Saint-Barthélemy, la communauté réformée parisienne est invitée à pratiquer son culte à cinq lieues de Paris. Le temple de Charenton, aujourd’hui sur la commune de Saint-Maurice, devient le lieu de culte des huguenots parisiens et de tous les Européens convertis de passage à Paris. Un ensemble de maçonneries (mur, plots de fondation pour des piliers de bois, escalier d’accès…) permet d’en restituer le plan octogonal. Cette architecture plutôt originale rappelle qu’en France plus qu’ailleurs, les protestants durent repenser l’architecture des temples qui ne devaient pas prêter à confusion avec les églises catholiques.

La fouille partielle du cimetière avait pour objectif de caractériser les pratiques funéraires et de les confronter aux textes. Calvin recommande des funérailles «honnêtes», c’est-à-dire décentes, sans pratiques considérées comme superstitieuses : pas de pierre tombale, pas de prêche au cimetière, pas d’offrande, etc. L’austérité qui doit présider au cimetière protestant est renforcée par un décret royal de 1609 qui précise que les inhumations doivent se faire la nuit, sans cortège funèbre, sous surveillance d’un archer du guet.

Mais dans les faits, qu’en est-il ? Partout en Europe, les riches huguenots préfèrent des funérailles plus élaborées que celles recommandées par le dogme.

Les historiens sentent que l’église réformée a des difficultés à dépasser les pratiques religieuses médiévales...

La fouille a concerné la partie occidentale du cimetière, sur une bande d’environ 6 mètres de large pour une trentaine de mètres de long. Un total de 156 sépultures primaires individuelles a été fouillé ainsi qu’une sépulture double et 7 ossuaires qui s’ajoutent aux 7 sépultures identifiées au diagnostic.

Si l’on exclut les os trouvés en remplissage des sépultures et les ossuaires, 165 individus au total ont été dénombrés. Ce corpus est suffisant pour raisonner en termes de population et étudier statistiquement ce groupe du XVIIe siècle, mais surtout, ce nombre va permettre d’aborder véritablement les pratiques funéraires des protestants sous l’édit de Nantes (1598-1685).

Le cimetière est organisé en rangées régulières. La position du défunt dans la tombe est relativement standardisée, il repose sur le dos, la tête à l’ouest. En revanche, la position des membres supérieurs et des mains est variable. Des restes de bois relativement bien conservés, ainsi que de nombreux clous attestent la présence de cercueils pour la quasi-totalité des individus. Les observations taphonomiques associées à la découverte d’épingles en position montrent l’utilisation de linceuls entourant les morts. Par conséquent se pose la question du type de population inhumé à Saint-Maurice car le coût de l’enterrement avec cercueil et linceul pouvait-il être supporté par les plus démunis ? Une partie seulement des protestants aurait-elle trouvé une sépulture à proximité du temple ou existait-il un fonds d’entraide ? Lors de la fouille, ni regroupement particulier, ni sectorisation évidente par âge ou par sexe n’ont été remarqués.

La densité d’occupation de cet espace funéraire est très importante, les sépultures sont très proches, à tel point qu’elles se recoupent ou se perturbent très fréquemment. Ce phénomène est probablement lié à une utilisation intensive de l’espace funéraire, ainsi qu’à l’absence de matérialisation de la tombe. Les perturbations peuvent intervenir relativement tôt dans le processus de décomposition comme l’attestent le déplacement et replacement Centre–Île-de-France de membres partiels ou entiers encore en connexion.

Ce cimetière a été utilisé pendant environ 80 ans soit 4 générations seulement.

Les études biologiques et taphonomiques menées conjointement vont permettre de mieux cerner cet échantillon spécifique de la population du XVIIe siècle. Les huguenots enterrés à Charenton Saint-Maurice sont les témoins directs de cette période de tolérance établie par l’édit de Nantes. Leurs pratiques funéraires n’apparaissent pas immédiatement en rupture avec le dogme catholique, mais seule une étude très détaillée pourra conclure sur ce sujet. En 1685, l’édit de Fontainebleau ordonne la destruction des temples et la confiscation des biens des consistoires. Les cimetières huguenots sont fermés dans toute la France.

-----

http://inrap.preferences.fr/upload/c_bloc/1069_fichier_Inrap_RA2005.pdf pages 64-65